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 « I thought I was alone... » (Deez)

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Désiré Noah Walsh
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MessageSujet: « I thought I was alone... » (Deez)   Lun 4 Mai - 21:24

« C’est presque fini… Voilà ! »

Je soupirai de soulagement. Mes soins du jour étaient enfin terminés, et j’allais pouvoir souffler un peu en attendant le lendemain, qui promettait d’être aussi dur que la journée qui venait de s’écouler. Charmian, mon infirmière à domicile, venait d’étirer une dernière fois ma jambe endolorie. Cela faisait partie des exercices les plus basiques. Je devais remuscler toute la partie inférieure de mon corps, qui avait déjà bien trop souffert de ma maladie cérébrale. Je pouvais encore marcher, lorsque j’avais la volonté de faire cet effort, mais les forces m’abandonnaient progressivement. Les médecins – dont ma mère – continuaient pourtant de me promettre que le processus allait se stopper rapidement, et juraient que j’allais bientôt retrouver ma mobilité. Je n’avais aucun autre choix, et devais endurer tous les traitements que l’on me proposait. Charmian, devenue mon amie, rendait les choses bien plus aisées. Je la remerciais souvent pour cela d’ailleurs ; sans elle, je savais parfaitement que j’aurais du mal à continuer. Je m’en voulais pourtant de penser ça. J’avais une magnifique femme, des enfants parfaits, tout pour être heureux. Mais depuis que j’étais tombé malade, je n’avais plus goût à faire quoi que ce soit. C’est à peine si j’avais envie de me lever le matin, tant la douleur qui s’emparait de moi dès le réveil me ramenait à une vitesse déraisonnée au tumulte de ma vie. Je ne cessai de penser que je blessais les miens, petit à petit, jour après jour, sans même le vouloir. Je souhaitais être un bon père, je le voulais plus que tout, mais je n’en avais absolument pas la force ni la capacité. Ma chère Alienor, ma douce enfant, n’osait plus m’approcher aussi souvent qu’avant. J’étais devenu irritable, et par-dessus le marché, mon fauteuil l’effrayait. Elle avait trois ans à peine mais parlait déjà bien. Disons qu’elle était douée. J’entendais souvent sa mère la rassurer : mes deux femmes avaient l’habitude d’entretenir d’interminables conversations. « Papa sera comme avant très bientôt, tu verras mon ange », « Il t’aime plus que tout, tu es son trésor »,… Rien de ce que December pouvait dire à notre fille n’arrivait à la rassurer. Pire, il n’y avait personne pour prendre soin de ma femme lorsque je me montrais trop distant. Avec le recul, je détestais le personnage que j’étais devenu. Seulement, même en me changeant les idées, mon état d’esprit restait le même : j’étais défaitiste, résigné, et incapable d’assumer le rôle que j’avais si longtemps souhaité tenir.

J’accompagnai mon infirmière jusqu'à la porte. Elle s’accouda dans l’ouverture et baissa les yeux sur moi.

« Tu vas y arriver. Tu vas te battre. D’accord ?

Je souris. Elle était charmante. C’était ce que voulait dire son prénom, non ? J’avais appris à la connaître, appris à l’aimer d’une certaine manière. Elle était la seule capable de me rassurer, tout simplement parce qu’elle était la seule à pouvoir m’aider à me sortir de ce cauchemar. J’acquiesçai d’un léger mouvement de tête.

- C’est sûr et certain.
-… Au revoir, Désiré. »

Elle se pencha sur moi et déposa un léger baiser sur ma joue. Je ne répondais pas à tous ces gestes. Sans doute parce que dans mon esprit, il n’y avait aucune ambiguïté. Je ne pouvais pas penser une seule seconde que ma douce infirmière souhaitait se débarrasser de ma compagne par tous moyens. D’ailleurs, elle restait extrêmement zélée en la présence de December ; j’en avais conclu qu’elles pourraient peut-être devenir amies. Je suis un homme, me direz-vous : les hommes n’ont jamais été très fins, en ce qui concerne les relations.
Je reculai légèrement mon fauteuil et fermai la porte d’entrée lorsqu’elle se fut éloignée dans le couloir. Puis, après une manœuvre délicate – mais tout cela devenait de plus en plus évident pour moi -, je me dirigeai vers le salon. Je vis d’abord ma fille, habillée d’une ravissante robe bleue. Elle me regarda longuement, bailla, puis demanda de sa petite voix fluette :

« Ça va, papa ?

Je ris légèrement et tendis la main dans sa direction. Il fallait croire que j’étais de bonne humeur ce soir.

- Tu n’es pas censée être au lit, jeune fille ?… Viens par là. »

Alors qu’elle s’approchait, je la soulevai aussi facilement que si j’avais porté une plume. Ses cheveux bouclés, noirs comme la nuit, firent quelques rebonds sur ses épaules alors que je la posais sur mes genoux. À chaque fois que je posais mon regard sur elle, je ne pouvais que m’extasier devant tant de beauté. Elle était absolument magnifique. Sa mère tout craché. Je trouvais qu’elle n’avait pas hérité grand chose de moi. Peut-être mes yeux bleu marine ; mon sourire. Je la serrai un instant contre moi ; sentir ses petits bras se resserrer sur mes épaules carrées était incroyablement rassurant. Elle s’endormit contre moi en un instant, et je dus faire demi-tour pour la porter jusqu’à son lit. Noah jouait. Je le savais car des cris de guerre fusaient : « chargez les canons ! », « Feu !! ». Il avait une imagination débordante. Je passai devant sa chambre afin de gagner la salle de séjour. Cette dernière étant coupée du reste de l’appartement par une porte vitrée, je refermai derrière moi. December était assise sur le canapé et me tournait le dos. Je m’approchai lentement. Elle m’avait souvent fait des reproches quant à Charmian, mais j’étais sans doute trop idiot pour les comprendre. Elle n’avouait rien directement, en fait. Elle me disait simplement qu’elle trouvait que mon infirmière passait trop de temps ici. Mais à chaque fois qu’elle me donnait son opinion sur le sujet, je sentais bien que sa gorge se nouait. Alors, je la rassurais un peu. Jamais assez. Je lui disais simplement qu’il fallait que je guérisse vite ; la vérité, c’est que je me mentais à moi-même. Oui, j’avais besoin de Charmian, et pas seulement pour les soins. Sa présence me faisait penser que tout n’était pas fini pour moi. Elle parvenait à me rassurer, parfois bien plus que ma femme. C’était terrible de penser cela. Mais je ne pouvais pas changer d’avis. Je pensais simplement que la mauvaise humeur de December était due à ma maladie. Ainsi, je restais intimement convaincu, en ce moment, que si je n’étais pas malade, elle serait bien plus proche de moi. Comme conséquence directe, je pensais qu’elle me rejetait, et tentais quelques approches qui ne se révélaient pas très délicates. Si seulement j’avais su que la seule personne qu’elle ne souhaitait plus voir était mon infirmière, je suppose que tout cela aurait été bien plus facile à vivre…
Je fis doucement rouler le fauteuil sur le lino étincelant. L’appartement était étrangement silencieux. Arrivé à ses côtés, je m’aperçus qu’il y avait quelque chose d’anormal. J’avais l’impression qu’elle était triste. Je glissai ma main sur la sienne, mon regard figé sur son visage.

« Quelque chose ne va pas ? »
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December E. Walsh
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MessageSujet: Re: « I thought I was alone... » (Deez)   Lun 4 Mai - 22:31

« Je ne peux pas ; je ne peux plus ! Je ne pourrais jamais …
- Allons, ma belle, ne pleure plus. Viens par là, allez … Tu va faire peur à tes enfants
- Pardon, pardon … Je suis à bout de forces. J'ai parfois l'impression d'être une mauvaise femme
- C'est faux ; tu le sais ! Allons, Désiré t'aime plus que tout
- Maman, pourquoi tu pleure ? »

Je me tournai vers ma fille. Elle semblait terriblement inquiète, la pauvre. C'est vrai qu'elle n'était pas habituée à me voir pleurer. Mais je craquais, après plusieurs semaines de silence. Je souffrais – je cachais mes sentiments au plus profond de moi. J'étais presque folle, à vrai dire. Ma vie était rapidement devenue un enfer. J'avais connu les plus beaux instants de mon existence et voilà que Dieu, me reprenait tout. Je me souvenais parfaitement du sourire de Désiré, lorsque j'avais prononcé le « oui », qui nous avait uni. J'étais devenue sienne, par ce jour splendide. Devant nos familles, nos amis. Ce jour avait été l'un des plus beaux de mon existence. Je me souvenais également, des nuits précieuses où mon époux s'était levé pour s'occuper d'un enfant qui n'était pas biologiquement le sien. Et pourtant, Désiré aimait Noah de tout son coeur. Mon fils – et celui de Matthew. Un jour, j'avais même appris la grande nouvelle au plus concerné de tous. Je portais l'enfant de Désiré, ce fruit de notre amour. J'avais accouché d'une fille ravissante, qui me ressemblait apparemment. J'étais la femme la plus heureuse. Puis, nous avions appris la maladie de Désiré. Ce jour maudit. Il fut vite obligé, de se déplacer en fauteuil roulant. Il devînt même désagréable, surtout avec moi. J'avais perdu cet homme fabuleux, incapable de reconnaître cet être que j'avais épousé. J'avais sombré dans la dépression. J'avais presque élevé les enfants toute seule – ces derniers temps. Ma tendre Aliénor avait peur de son père, de son fauteuil. Elle restait dans mes bras, lorsque Désiré l'appelait. Quant à Noah, il prenait sur lui. Il était épatant, comme son père. Mais j'avais l'impression d'être seule. Je n'avais personne. Patience revenait pour les vacances – c'est ce qu'elle raconta des mois durant – et m'aidait à la maison. Mais rien de plus. Elle avait son propre ménage, son petit ami. Je l'enviais parfois. Désiré avait sa charmante infirmière. Cette dernière jouait avec mes nerfs, ce que j'étais la seule à certifier. Pour mon époux, c'était de la jalousie pure et dure. Aussi, j'avais littéralement fondue en larmes – une après midi. Patience m'avait trouvé fatigué, et s'était occupée de moi, toute la journée. Elle avait nourri et couché les enfants. Elle m'avait même lavé ; puisque j'étais incapable de le faire seule. Elle avait eu une discussion avec Désiré. Et quand elle se voulait menaçante, elle l'était réellement. Je pouvais compter sur elle, Dieu merci. Que serais-je devenue, sinon ? Mais j'étais une femme forte. Je repensais à ma première grossesse. J'étais très jeune à l'époque. J'avais presque tout fait, seule. Matthew avait été près de moi, mais je ne voulais que Désiré à l'époque. Je ne pensais qu'à lui et loin de cet homme, je ne comprenais pas le sens même d'exister. J'étais catégorique. Finalement, les jours avaient passé. J'avais appris à me taire, à prendre mon mal en patience. Je devais le faire pour Désiré. Je l'aimais plus que tout. Il me manquait tellement et je me sentais trahie, chaque fois qu'il regardait cette Charmian.

Son rendez-vous pris fin – hallelujah. J'avais attendu cela, avec impatience. Désiré était mon mari, je voulais profiter de lui un maximum. En fauteuil ou pas, il restait celui que j'avais épousé. Toute la journée, je m'étais occupée de la maison et j'avais également pris quelques clichés de mes enfants. Ces derniers adoraient jouer les sujets. Evidemment, ils étaient les plus beaux du monde. Ce n'était pas trop difficile pour moi ; donc. Écoutant la conversation ; j'entendis Désiré certifier qu'il allait se battre. J'esquissai un sourire. J'étais fière – lui qui était si pessimiste. L'infirmière le salua et déposa – je l'entendis clairement – un baiser sur la joue de Désiré. Je fronçai les sourcils. Que cherchait-elle ? Cette femme mettait mon couple, en grand danger. Était-je la seule à m'en soucier ? Aliénor passa devant moi, pour prendre des nouvelles de son père. Je caressai ses cheveux, elle me fit un clin d'œil. C'était une petite intelligente et vive, pour son jeune âge. Elle demanda à son père, si tout allait bien. Il était tard et comme un père aimant, Désiré joua les durs. Il décida qu'il était temps pour Aliénor – d'aller se coucher. Je le laissai s'occuper de notre fille. Quant à moi, je me dirigeai vers la chambre de Noah. Ce dernier jouait, tranquillement. Je participai quelques minutes, et lui montrai le lit d'un signe de tête. Il m'embrassa tendrement, passant ses bras autour de mon cou et posa un baiser au creux de ma joue. Je fis de même et refermai la porte de sa chambre.

« Bonne nuit, mon coeur
- Bonne nuit, maman chérie »

Je me dirigeai vers le salon. Je m'assis sur le canapé, épuisée. J'aimais passer du temps avec mes enfants mais quelque chose manquait à ma vie. C'était ainsi. Devais-je m'y faire ? Sans aucun doute. Je redoutais les propos de Désiré. Je ne voulais pas l'entendre parler de cette femme que je ne pouvais pas supporter. J'en était peut être jalouse, oui. Mais j'avais de quoi me faire du souci. Je déglutis. C'était presque insupportable. J'avais souvent, envie de tout plaquer. Pourtant, j'avais rêvé de cette vie de famille. Je voulais d'autres enfants de Désiré, vivre avec lui pour toujours. En ce moment, j'avais juste beaucoup de mal à y croire. J'étais éteinte. J'entendis le fauteuil s'approcher. Désiré avait couché Aliénor. Les petits allaient s'endormir rapidement. La nuit était à nous. Mais qu'allions-nous faire ? Nous étions presque incapables de parler. Je pinçai les lèvres. Mon visage reflétait la tristesse, la mélancolie. Je fixai notre photographie de mariage – prête à fondre en larmes. Non, pas aujourd'hui. L'appartement était silencieux. Désiré glissa sa main dans la mienne. Je n'avais même plus la force de la serrer. Ce contact chaud, dont j'avais besoin. Je ne savais plus sourire – j'étais incapable de mentir sur mes sentiments. Il osa enfin, la question tant redoutée. « Quelque chose ne va pas ? ». Tout aurait été plus simple, si mon époux avait demandé si quelque chose allait. Non, rien n'allait. J'allais le perdre, j'allais me perdre. J'allais faire souffrir mes deux anges pour l'instant, endormis. Je n'arrivais plus à prétendre être heureuse. C'était bien malheureux. Je n'étais pas douée, pour le mensonge de toute manière. Je l'avais toujours su. Je déglutis une fois encore. Puis, je tournai la tête vers Désiré. Celui-ci m'observait, inquiet. Je haussai les épaules.

« Je suis simplement fatiguée. Je me suis occupée des enfants ; j'ai fait le ménage. Enfin, ce n'est pas important. Et toi ? »

Question banale ; comme d'habitude. Je n'osai pas en demander plus - de peur de découvrir un homme abattu.

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Désiré Noah Walsh
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MessageSujet: Re: « I thought I was alone... » (Deez)   Lun 4 Mai - 23:12

Cela faisait trois ans et demi que nous étions liés par les liens sacrés du mariage. Trois ans que je lui avais dit oui, et qu’elle avait accepté de devenir ma femme. Dans la richesse et dans la pauvreté. Dans la santé et dans la maladie. Nous l’avions accepté, nous avions signé pour ça. Et nous le voulions plus que tout au monde, à l’époque. Tout n’avait pas changé à ce point, tout de même… Je l’aimais plus que tout au monde. Elle était la seule femme auprès de laquelle je m’imaginais vieillir. Nous avions une fille ensemble, et j’avais plus ou moins adopté Noah dès l’instant où il m’était apparu, minuscule et fragile, dans une chambre d’hôpital aseptisée. Notre vie avait pris un tournant si différent. Je voyais que December était malheureuse, mais je pensais que c’était uniquement du à ma condition, à mon fauteuil. Je croyais qu’elle était juste déçue de ne plus avoir l’homme bien portant à ses côtés ; de ne plus rire, ni faire l’amour. Mais c’était bien plus que ça. Quelques jours plus tôt, j’avais vu Patience. Je ne lui parlais plus beaucoup ces derniers temps. En fait, j’avais l’impression que notre amitié avait été définitivement détruite lorsqu’elle avait brisé le cœur de ma douce Tiffany. Je ne pensais pas me tromper, d’ailleurs ; la brunette de laquelle j’étais tellement épris à une époque ne signifiait plus rien à mes yeux. Un jour, alors que December était partie en course avec les enfants, elle m’avait presque séquestré dans l’appartement.
Je me tenais vers la table basse, à quelques mètres de l’endroit où je me trouvais actuellement. Elle, dans l’entrebâillure de la porte, me regardait fixement.

« N’as-tu pas honte ?

J’haussai un sourcil. J’avançai lentement vers elle ; pour une fois, j’avais délaissé mon habituel moyen de locomotion et lui avais préféré les béquilles.

- Oses-tu me parler de honte, Patience ? Dois-je te rappeler ce que tu as fait il y a quelques mois ?
- Je n’ai jamais fait souffrir mon compagnon comme tu tortures ta femme, Désiré !!!

Le ton était monté d’au moins deux crans. J’étais soulagé que Noah et Alienor ne furent pas présents. Elle était vraiment culottée d’évoquer cela, alors qu’elle avait commis les pires atrocités en ce qui concernait la « trahison » à proprement parler. Je savais qu’elle ne s’en rendait pas compte, mais elle avait tout de même brisé un couple. Marié, par la même occasion. Je n’avais bien sûr aucune idée de ce qu’elle sous-entendait par-là. Mais c’était clair et net ; Charmian était l’élément perturbateur, dans sa métaphore. Cela ne m’interpellait pourtant pas. Me reposant sur l’une de mes béquilles, je la dévisageai avec un air d’incompréhension totale.

- De quoi parles-tu ?
- Je parle de toi, qu’est-ce que tu fous ? Tu veux vraiment tout gâcher avec une infirmière de bas étage ?
- Quoi ? Il n’y a rien du tout entre Charmian et moi ! C’est une amie !
- C’est la femme qui te touche chaque jour, presque chaque parcelle de ton corps, qui se rapproche de toi comme une sangsue, comme si elle te voulait pour elle seule ! C’est la femme qui t’éloigne de la tienne, bon sang !

Je me figeai. Je n’avais jamais réalisé cela. Là encore, j’avais du mal à le croire. Je n’avais jamais ressenti tout ce qu’elle venait de me dire. Pire, j’avais l’impression d’avoir côtoyé le malheur de December chaque jour depuis des mois, sans avoir tenté une seule fois d’y mettre fin.

- J’aime December.
- Je le sais.

Nos tons s’étaient radoucis. Je détournai un instant le regard. J’étais décidément stupide. Vraiment stupide. Quel genre de mari délaissait sa femme de la sorte ? Et surtout, quel genre de mari restait dubitatif face à de telles preuves, débitées par une personne très proche de son couple ?

- Je l’aime plus que tout.
- Je sais, Désiré. Mais elle doute. Elle a peur. Vraiment peur. »

Je la regardai de nouveau. Un bruit brisa le silence. La porte d’entrée s’était ouverte sur December et nos deux enfants. Mon ancienne amie me lança un dernier regard évocateur, avant de se diriger vers les nouveaux arrivants. Quelques secondes plus tard, elle était partie, me laissant songeur comme jamais, et coupable de toutes les atrocités possibles et imaginables.

Je regardais toujours ma femme. « Je suis simplement fatiguée. Je me suis occupée des enfants ; j'ai fait le ménage. Enfin, ce n'est pas important. Et toi ? ». Je ne la croyais pas. Je savais que c’était bien plus que de la fatigue, tout simplement car elle ne me rassurait pas. Si elle était simplement fatiguée, elle m’aurait adressé un sourire. Alors je réalisai. Patience avait raison. Ce n’était pas de coutume, mais elle avait vu juste. December était malheureuse. Étais-je un si mauvais mari ? J’avais l’impression de ne plus savoir comment m’y prendre. Je voulais bien faire, mais je ne savais pas si elle me voulait encore. Pour être encore plus extrême, on aurait pu dire que je doutais qu’elle eut encore envie de moi. Je n’étais plus le même qu’il y a trois ans. L’homme qu’elle avait épousé était parti, et je ne savais pas encore s’il était possible qu’il revienne un jour. Si elle ne m’aimait plus, que pouvais-je y faire ? Me battre, comme l’avait suggéré mon infirmière. Elle n’avait pas tort. Charmian ne voulait sûrement pas que je donne ce sens-là à ses paroles, mais j’allais pourtant le faire. J’allais me battre ; j’allais retrouver ma vie passée. Ce serait dur. J’avais perdu mon optimisme. J’avais perdu mon aura. Je ne voyais plus que les aspects négatifs, le verre à moitié vide. Mais ça allait changer.
Je serrai doucement la main de December dans la mienne. Mes pensées peinaient à se mettre en ordre. Au bout de quelques secondes, minutes peut-être, je détournai enfin mon regard d’elle : mes yeux ne l’avaient pas quittée depuis mon apparition dans le salon. Je décidai d'éluder sa question concernant ma santé, et hésita un instant avant de reprendre la parole.

« Je sais que je ne suis pas l’homme de tes rêves en ce moment, et que… que j’agis très égoïstement, et je n’en suis pas fier… Je t’ai négligée et j’ai négligé les enfants… Et je suis à des milliers de kilomètres du père que je devrais être… Alors je te demande de me pardonner… Je vais tout faire pour que ça aille mieux… Je vais essayer de te rendre tout ce que tu me donnes chaque jour… Parce que c’est ce que tu mérites ; tu mérites tellement plus qu’un mari comme moi. »

Je la regardai de nouveau tout en reprenant mon souffle. Mes mots étaient sortis dans un charabia nerveux. Depuis que mon cerveau ne fonctionnait plus tout à fait normalement, j’avais du mal à m’exprimer, parfois. Mais là, j’avais dit ce que je souhaitais lui faire comprendre. Du moins, je l’espérais.
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MessageSujet: Re: « I thought I was alone... » (Deez)   Mar 5 Mai - 22:37

« Désiré ! Tu n'as pas à être ici ! Ça porte malheur, bon sang !
- Je sais ; je sais. Je veux simplement lui parler »

Ma meilleure s'était tournée vers moi, à cet instant précis. J'étais terriblement stressée, alors que Tiffany s'amusait à me maquiller. Pour une journée, mes amies avaient oublié leurs problèmes. Elles avaient accepté d'être mes demoiselles d'honneur - pour l'heureux évènement. J'allais me marier dans l'après-midi. C'était assez étrange, finalement. J'avais rêvé de cet instant, des mois durant. J'avais vécu aux côtés de cet homme fort qu'était Désiré. Nous avions élevés mon tendre fils ensemble. Puis, j'avais appris en septembre, ma nouvelle grossesse. Tout s'était terriblement vite enchaîné. Il m'avait demandé de l'épouser. J'avais accepté. Puis, nous nous étions retrouvés ici. D'un geste doux, j'avais caressé la main de Tiffany - lui demandant de s'arrêter dans son travail pour le moment. J'avais également envie de parler avec mon futur époux. Je m'étais tournée vers Patience, apparemment fatiguée par nos fréquents déplacements. Je devais éviter de me fatiguer, en fait. Ma meilleure amie s'était tournée vers Tiffany, pour se faire approuver. L'ex madame Standford avait jeté un regard noir - c'était tout à fait normal en fait. A vrai dire, les deux belles femmes à mes côtés étaient censées de détester. Mais pour moi, elles s'ignoraient pour cette seule journée qui était mienne. Je les en remerciais. Je m'étais levée de ma chaise, tremblante. J'étais déjà éreintée. Je portais l'enfant de Désiré depuis trois mois déjà. J'avais commencé à prendre du ventre - ce qui m'allait bien. Mes amis avaient toujours apprécié me voir enceinte. J'étais gracieuse - je portais bien ces bébés. Patience m'avais menacé du doigt ; et j'avais simplement souri. Je m'étais ensuite assise par terre, dos contre la porte entrebâillée. J'avais glissé la main dehors et tendrement, Désiré l'avait attrapé pour la serrer dans la sienne. J'avais fermé mes paupières. Il me manquait déjà. Je n'aimais pas être loin de lui. Je voulais le serrer dans mes bras, tout de suite. L'envie était tentante mais un pied dehors, et j'étais morte. Sa voix, s'était élevée. Calme et sereine.

« Est-ce que tu va bien ?
- Oui, je crois. Je suis juste retenue en otage dans cette pièce. Maquillée, coiffée et habillée
- Oh, ce n'est pas de chance. Tu me manque
- Toi aussi, Désiré. Comment va Noah ?
- Bien ; il s'impatiente. Mais tout ira bien. Ne te fatigue pas trop, d'accord ?
- Je te le jure. Patience et Tiffany prennent soin de moi »

Il avait embrassé ma main et s'était redressé. Il m'avait soufflé un « je t'aime » ; avant de repartir. J'étais retournée auprès de mes amies, prenant mon mal en patience. Il n'y en avait plus pour très longtemps. La dernière ligne droite. Je terminai de m'habiller. Ma robe était splendide. En me regardant dans le miroir, j'avais aperçu une jeune fille tout à fait resplendissante. Il ne s'agissait que de moi. J'étais tellement heureuse. J'allais dire oui à l'homme de ma vie. Toutes les personnes que j'aimais étaient rassemblées ici. Une demie heure plus tard, on toqua à la porte. Patience ouvrit à mon père, venu me chercher pour ouvrir la cérémonie. Tout allait commencer. Ma vie allait changer. Il m'embrassa, me complimentant sur ma tenue - puis nous avions avancé dans le hall. La musique s'était mise en marche et Patience et Tiffany - après m'avoir souhaité bonne chance - étaient passées devant. J'allais devenir December Eulalie Swan Walsh. J'étais mère et allait avoir un second enfant. J'étais comblée de bonheur.

Cette époque avait bien changé depuis le temps. Ce sentiment heureux, s'était évaporé. Mon époux n'était plus cet homme attendri et attentionné. Sa maladie l'avait rendu aigri. D'un côté, je pouvais comprendre. Marcher devait lui manquer. Courir, jouer avec nos enfant, me faire l'amour - peut être. Toutes ces choses que nous aimions faire. Nos projets d'agrandir la famille, très vite. J'étais jeune ; lui aussi. Mais pourquoi attendre ? Nous étions si bien. Je voulais d'autres enfants de lui. C'était ainsi, avant l'annonce de cette foutue maladie. Ce jour maudit qui avait brisé nos vies. Je lui en voulais, parfois. Pourquoi avait-il tout bouleversé ? Toutefois, ce n'était pas non plus de sa faute. Il aurait sans doute préféré accomplir sa réelle destiné. Prendre soin de nous - femme et enfans. C'était son souhait le plus cher. Tout s'était envolé en fumée. J'étais folle de rage. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi. On s'acharnait contre nous. Le sort se jouait de nous. J'aimais Désiré, plus que tout. Pourtant, il n'était plus le même. Il changeait de jour en jour, sans s'en rendre compte. Il restait si souvent avec cette infirmière. Plus qu'avec moi. Il la laissait le toucher. Je n'avais presque plus le droit. Il ne voulait plus - avant sans cesse peur. De quoi ? Je ne voulais pas le quitter. Il ne me dégoûtait pas - au contraire. Je voulais retrouver l'homme que j'avais rencontré. Je souffrais, plus que tout. Je me haïssais. Je redoutais les paroles de mes enfants, également.

« Papa, il nous aime vraiment ?
- Aliénor, pourquoi dis-tu une chose pareille ?
- Il ne veut plus se lever, pour me prendre dans ses bras
- Bientôt chérie, je te le promets. Papa reviendra parmi nous
- Comme avant ?
- Oui ; comme avant »

Aliénor et Noah avaient peur - constamment. Ils voyaient cet homme se détruire - leur père. Ils entendaient cet homme autrefois formidable, hurler de douleur. C'était aussi insupportable pour eux que pour moi. Mais, je ne voulais rien laisser voir. Je devais lutter, me battre. Désiré le voulait-il aussi ? Retour à la réalité. Mon époux serra davantage sa main dans la mienne. Ce n'était tellement pas juste - cette vie. Après quelques minutes de silence, il parla enfin. « Je sais que je ne suis pas l’homme de tes rêves en ce moment, et que… que j’agis très égoïstement, et je n’en suis pas fier… Je t’ai négligée et j’ai négligé les enfants… Et je suis à des milliers de kilomètres du père que je devrais être… Alors je te demande de me pardonner… Je vais tout faire pour que ça aille mieux… Je vais essayer de te rendre tout ce que tu me donnes chaque jour… Parce que c’est ce que tu mérites ; tu mérites tellement plus qu’un mari comme moi ». Quels propos déchirants. Il me regarda, ce que je n'osais pas faire. Comment aurais-je pu ? Je déglutis, prête à pleurer. Je comprenais ses propos. Sa douleur était immense également. Je voulais mourir, en cet instant. Lentement, je me tournai vers lui. Mes lèvres bougèrent sans que je m'en rende réellement compte.

« Non, non … Ce n'est pas de ta faute. Evidemment, ce n'est pas quelque chose que nous avions prévu. Nous étions heureux, avant ce drame. Avec les enfants, tous les quatre. Jusque là, c'est ce que j'avais toujours voulu – prête à recommencer cent fois. J'ai juste peur de te perdre. Je … Je sais que c'est difficile pour toi. Mais parle-moi. Tu préfère te confier à Charmian, ce qui m'attriste. Je veux retrouver l'homme que j'ai épousé … Je veux te retrouver - toi »

Je ne pleurai pas. Aurais-je du ? Peut être. Mais je ne pouvais pas. Je n'arrivais pas. C'était assez idiot - en fin de compte. Mais je me sentais bloquée, vide de sentiment. Je voulais le serrer dans mes bras. Lui, cet homme que j'aimais mais que j'étais en train de perdre. Il me manquait tous les jours.

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MessageSujet: Re: « I thought I was alone... » (Deez)   Mer 6 Mai - 0:03

- Je t’aime, papa.
- Moi aussi, mon ange.

Je regardai un instant ma fille. Je venais de la coucher, je venais de m’occuper d’elle pour la première fois depuis des mois. Je savais parfaitement qu’elle ne se sentait pas proche de moi. Elle était trop petite ; elle ne comprenait pas les dures choses de la vie, ni le malheur qui nous frappait de plein fouet. Pourtant, je la trouvais tellement intelligente pour son âge… Plus maligne que toutes les fillettes de trois ans que j’avais vues jusque-là. Elle savait ce qu’elle voulait, et plus que tout, elle savait ce qui se passait autour d’elle. Ainsi, elle s’était sans doute rendu compte que je n’étais pas au mieux de ma forme, dernièrement. La première fois que j’avais ramené le fauteuil à la maison, elle avait regardé l’engin du coin de l’œil, et je l’avais entendue confier à sa mère qu’elle n’aimait vraiment pas cette « chaise qui glisse ». C’était souvent elle qui me ramenait à la réalité, qui me faisait comprendre à quel point c’était important que je m’investisse dans la vie de la maison. Je ne l’avais pas assez fait dernièrement, et je savais qu’ils en souffraient tous.
Alors que je la bordais, Alienor reprit la parole. Sa voix était si faible que j’avais peine à la comprendre ; sans compter qu’à trois ans, elle était loin d’articuler convenablement, et son vocabulaire restait restreint.

- C’est quoi que tu as déjà, dans les jambes ?
- C’est… Ce sont, des sortes de crampes dirons-nous… Mais je vais guérir, on fait tout pour ça.
- Pourquoi tu vas pas à l’hôpistal ?
- Parce que, ma chérie, je ne suis pas… assez malade. Les médecins ne veulent pas donner des sous pour me faire une opération.

Je ne lui parlais jamais des risques. C’était clair et net que si l’on m’opérait, il faudrait m’ouvrir le crâne. Or ce genre d’intervention était très risqué ; ma vie était en jeu, et je ne pouvais pas infliger cela à ma famille. Pas encore. De plus, ce n’était pas assez grave pour le moment. Je pouvais encore marcher, et il y avait de grandes chances pour que je garde de faibles séquelles. Il fallait juste que je prenne un traitement particulier, et que je fasse des exercices. Rien de bien traumatisant en somme, mais c’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Nous étions comblés, nous avions tout, mais les malheurs les plus indigestes nous étaient tombés dessus en quelques semaines à peine. Je souffrais de voir mes amis se déchirer, et les tensions permanentes qui pesaient sur ma personne avaient dû effriter ma santé un peu plus, jour après jour. Qui plus est, j’avais déjà encaissé les coups, lorsque j’avais fait un détour par la case « prison ». Mes côtes s’en souvenaient encore, en attestait la longue cicatrice blanche qui subsistait non loin de mon cœur, celle-là même qui descendait jusqu’à mon nombril.

- Je veux qu’ils te soignent très vite. Je vais le dire à la fée bleue !
- Merci pour tant de considération, Mademoiselle. Bonne nuit.

J’avais souri, avant de me pencher sur elle et de l’embrasser. Lorsque j’eus franchi le seuil de sa chambre, je crus l’entendre demander ce qu’était la « consisdétation ». Je fermai délicatement la porte.


À présent, j’étais face à ce que je redoutais le plus. La tristesse de ma femme. S’il y avait quelque chose que je détestais, c’était lui faire du mal. C’était arrivé, lorsque j’étais parti parce que je souffrais trop de la voir en compagnie d’Owens. Les temps avaient changé. Je ne voulais plus sa peine ; l’avais-je voulue un jour, d’ailleurs ? Son bonheur était ce qui m’importait le plus. Avec celui de Noah, ainsi que d’Alienor. Notre mariage, je m’en souvenais. Nous nous aimions tellement, nous étions si heureux. J’étais sûr de l’aimer autant qu’avant ; sans doute plus encore. J’avais toujours voulu représenter un certain « idéal » pour elle. C’était le fait de me retrouver dans cette position d’infériorité – par rapport à celui que j’étais avant – qui me donnait un air distant. J’avais tellement peur qu’elle n’ait plus besoin de moi. Je craignais même de devenir trop dépendant d’elle, pour des tâches tout à fait banales… Me laver, m’habiller… Je ne voulais pas qu’elle me voie comme quelqu’un de « destructible ». J’étais en quelque sorte son héros, c’était ce que je souhaitais être. La contenter sur tous les aspects, la protéger. J’étais tellement incapable de lui servir de bouclier à l’heure actuelle que c’en devenait pathétique. Je m’efforçais de vivre au même train qu’avant, alors que cela m’était clairement impossible. Que je souffrais. Je ne pouvais pas lui dire tout ça, car de toute manière, elle n’y était pour rien. J’étais le seul responsable. J’étais celui qui n’assumait pas le fait d’être vulnérable en ce moment.
Nos yeux ne cillaient pas et restaient plantés les uns dans les autres ; enfin. J’avais cherché son regard durant tout mon discours ; je le trouvai finalement. Et puis, elle parla. « Non, non … Ce n'est pas de ta faute. Évidemment, ce n'est pas quelque chose que nous avions prévu. Nous étions heureux, avant ce drame. Avec les enfants, tous les quatre. Jusque-là, c'est ce que j'avais toujours voulu – prête à recommencer cent fois. J'ai juste peur de te perdre. Je … Je sais que c'est difficile pour toi. Mais parle-moi. Tu préfères te confier à Charmian, ce qui m'attriste. Je veux retrouver l'homme que j'ai épousé … Je veux te retrouver - toi ». Elle l’avait dit. Elle avait avoué que mon habitude de me confier à Charmian l’attristait. Je la scrutai longuement. Elle avait raison. Je faisais quoi, au juste ? La seule réponse que je réussissais à trouver consistait à dire que j’étais paumé. J’étais un mauvais mari, un mauvais père, mais je n’avais jamais été un mauvais ami. Alors, j’essayais d’être celui de quelqu’un de « nouveau »… Le seul problème était que, de toute évidence, Charmian souhaitait bien plus que ma simple amitié. December l’avait perçu, et avec le recul, je m’en rendais compte aussi.

Ma femme, ma belle femme. Celle à qui j’avais tenu la main quelques instants avant notre « oui » ; quelques heures, durant ses accouchements. Je m’étais endormi à ses côtés, nous avions refait le monde. Nous n’étions que des enfants. Je ne réalisais pas tout cela à vingt ans. Cinq ans plus tard, tout semblait différent. Comme si j’avais fait les choses à l’envers et que la machine s’était miraculeusement réparée. Comme si j’avais passé la moitié de ma vie à dormir, et que je me réveillais.
Je la regardais, donc. Je pouvais être de nouveau cet homme. Elle pouvait me retrouver. Je crois que le véritable Désiré reprenait progressivement le dessus ; au fur et à mesure que les mots sortaient de sa bouche, en réalité. Je n’étais parti nulle part, j’étais le même. Le même. Je posai une main sur sa joue. J’aimais tant chaque partie d’elle. C’était presque dingue d’être aussi amoureux. Si elle avait gardé les mêmes sentiments pour moi, les miens étaient décuplés. J’avais tant pensé qu’elle ne m’aimerait plus si je n’étais plus fort, ni grand. C’était faux. Elle me voulait moi. Aucun autre. N’est-ce pas ? J’espérais qu’elle ne me briserait pas le cœur ; mais il s’agissait de ma femme, et en même temps de ma meilleure amie. Il n’y avait donc aucun doute. Avant que j’aie pu réfléchir plus, mes lèvres s’étaient posées sur les siennes. J’avais réussi à me lever, lentement. Mes jambes étaient engourdies, et des milliers de fourmis semblaient les escalader. Je m’en moquais. J’avais mal, mais je voulais lui faire plaisir. J’avais entraîné ma compagne pour qu’elle se cale dans mes bras chauds. Nous étions debout, au milieu du salon. Je l’embrassais. Comme avant.



Well all I really wanna do is love you

A kind much closer than friends use

But I still can’t say it after all we’ve been through

And all I really want from you is to feel me

As the feeling inside keeps building

And I will find a way to you if it kills me

If it kills me



Dernière édition par Désiré Noah Walsh le Mer 6 Mai - 13:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « I thought I was alone... » (Deez)   Mer 6 Mai - 12:44

« Que se passe-t-il, mon ange ?
- Je crois que … »

Je me souviens de ce jour, comme si c'était hier. Nous avions eu l'excellente idée de nous promener, puisqu'il faisait chaud en cette journée. Noah était dans sa poussette, et regardait le paysage qui s'offrait à lui. Le parc que nous traversions était d'une telle splendeur. J'étais – à cette époque – enceinte de neuf mois. Il était dangereux de se promener en juin, puisque la chaleur m'étouffait. Mais j'aimais passer du temps avec mon mari et mon fils. Nous profitions de ces journées ensemble, pour prendre notre temps. Toutefois, je m'étais soudain sentie mal. J'avais des bouffées de chaleur – une horrible envie de vomir. J'ignorais ce qui se passait et je m'étais stoppée, d'un seul coup. Désiré avait froncé les sourcils, inquiet. Je n'étais pas souvent malade. Lorsque je l'étais, cela pouvait être grave. Il avait peur pour moi – mais également pour l'enfant que je portais. Puis, en plein milieu de ce parc, j'avais perdu les eaux. J'avais regardé mon époux, alarmée. Que devions-nous faire ? Je ne pouvais quand même pas accoucher ici. Il avait saisi son téléphone, pour appeler une ambulance. Nous devions attendre à l'extérieur du parc. Ensuite, il avait appelé mon père – ce dernier habitait encore New York et il nous fallait quelqu'un pour garder Noah. Les filles n'étaient plus là, ce qui était plus difficile pour faire garder mon cher fils. Heureusement, nous n'avions pas attendu longtemps. J'étais montée dans l'ambulance avec mon mari – tandis que Noah était confié à son grand père. Les choses s'étaient accélérées dès lors. Nous étions arrivés à l'hôpital très rapidement et couchée sur un brancard, j'avais été conduite en salle de travail. Désiré m'avait accompagné, comme la première fois. J'avais poussé des heures durant – accomplissant un travail de titan. Être mère se méritait, en fin de compte. J'avais mal – je suais. Mais j'allais donner à mon époux, un merveilleux trésor. Nous allions avoir notre premier enfant, ensemble. Que rêver de mieux ? Enfin, j'entendis son cri. Elle, splendide créature.

« C'est une fille ; félicitations
- Une fille ? J'ai une fille ! Mon Dieu, c'est le plus bel enfant du monde – mon enfant »

Désiré avait évidemment pleuré. Il avait pris sa fille dans ses bras, coupant même le cordon. Puis, il m'avait tendu la petite. Il est vrai qu'Aliénor était la plus belle enfant de cette terre. Si petite, si fragile. J'étais réellement fière de moi, sur ce coup-là. Désiré avait très vite, appelé ses propres parents. Il ne pouvait en croire ses yeux. C'était le miracle de la vie. Nous nous étions aimés si fort, que nous avions crée ensemble cette petite fille. Noah avait été heureux de rencontrer sa soeur.

« Elle est belle »

C'est ce qu'il avait dit, en la voyant. Clairement, nettement. Il aimait Aliénor. Tous les quatre formions une famille. Quelque peu recomposée – mais nous étions heureux. Mes amis étaient venus me féliciter, après quelques heures de repos. Elles avaient certifié être complètement sous le charme de ma fille ; notre fille. Pour Désiré, c'était un coup de foudre. Il ne quittait plus sa fille – l'aimant comme jamais il n'avait aimé. Nous étions désormais deux princesses. Et j'étais comblée à nouveau.


Je regardai Désiré, totalement désespérée. J'étais totalement passée à côté de la chose – de la vie. Avais-je commis des erreurs, pour être punie si sévèrement ? Je l'ignorais. Peut être. Pourtant, j'avais toujours fait attention. Je voulais rester pure, d'une manière ou d'une autre. Cependant, j'étais tombée enceinte dès mon premier rapport. Une tentative ratée. Je m'étais rachetée ensuite. J'avais aimé et attendu Désiré – de tout mon être. Je l'avais épousé et était tombée enceinte de cet homme. J'étais même devenue photographe et parfois, mannequin. Une vie rêvée. Je ne consommais jamais le vice. Non, j'étais une femme raisonnable et assez intelligente. Mais, Dieu me punissait maintenant. Il éloigna ma meilleure amie – dans un premier temps. Puis, une maladie fut décelée chez mon époux, l'obligeant à rester assis dans un fauteuil. Enfin, une charmante infirmière tentait de me prendre ce que j'avais de plus précieux sur terre. J'avais vraiment fait quelque chose. J'étais maudite et punie d'être aussi idiote. C'était triste, en un sens. J'avais l'impression de ne mériter aucun de ces châtiments. Mais, on ne choisissait jamais. C'était le destin. Désiré également se sentait déboussolé. Notre vie s'était effondrée. Durant des années, il avait tenté de me préserver. Il était mon superhéros – en quelque sorte. Il était tout ce que j'aimais. Était-il de mauvaise humeur parce qu'il croyait qu'à cause de sa maladie, je n'étais plus apte à l'aimer ? Je ne savais que penser. C'était complètement idiot. Sincèrement, c'était la chose la plus stupide. J'étais faite pour Désiré. Je voulais vieillir à ses côtés. C'était l'unique homme que j'aimais. Il avait été mon meilleur ami – puis mon petit ami. Désormais, nous étions liés par les liens sacrés du mariage. Nous étions parents. J'étais prête à tout pour lui – il n'avait qu'à demander. Et justement, il n'avait rien demandé. Il s'était braqué, directement. Il m'avait ignoré, presque. Il était blessé, et voulait vaincre ses peurs - seul. C'était du Désiré tout craché. Malheureusement, il ne pouvait pas croire qu'une telle chose était possible. Je l'aimais et voulais le protéger. Il s'était dès lors, confié à une inconnue. Était-ce la meilleure manière de m'aider ? Oh non. Je voulais être présente, dans sa vie. J'étais dans une impasse. Je voyais Charmian et Désiré s'adorer. Ils étaient proches – tandis que je perdais la confiance de mon mari. Ce n'était pas normal. C'était même, injuste. Je n'arrivais pas à comprendre ce geste. Je me sentais mal. Ma seule façon de m'évader ? Mes enfants. Et encore, je ne pensais qu'à mon malheur – le soir venu. Je vivais actuellement, un enfer.

Je regardai mon époux, sans ciller. J'affrontai la vérité ; difficile ou non. C'était la vie. J'avais confié mes craintes – hurler mes doutes. Comprenait-il enfin ? J'étais jalouse, j'osais le dire. Mais c'était tout à fait justifié. J'étais la victime, dans cette affaire. La pauvre idiote, qui se contentait de rêver. Ce n'était pas la vie que j'avais voulu. Non, absolument pas. Je voulais mieux. Je souhaitait retrouver mon mari – celui d'autrefois. L'homme que j'avais épousé. Il était peut être paumé – mais ce n'était pas une excuse. Qui m'avait aidé, dans les moments difficiles ? Qui s'était occupée des enfants, nuits et jours ? Des réponses si faciles. J'avais enfin le droit d'être entendue. C'était la moindre des choses. Désiré s'était tu – il n'avait plus crié sa souffrance. Il se contentait de m'écouter, sans rien dire. Il se sentait coupable, certainement. Mais de cette manière, il réagissait réellement. J'étais fière de moi. Je voulais qu'il ouvre les yeux, enfin.

J'étais dans un sale état. J'étais constamment fatiguée. Je dormais peu – et faisais des cauchemars. J'avais la nausée, l'envie de vomir. J'étais vraiment à bout. Les nerfs à vifs. Je pleurais pour un rien, j'avais trop de mal à sourire. Je n'étais plus moi-même. Cette jeune femme pleine de vie. Je ne savais plus comment m'y prendre. Je voulais rendre mes enfants heureux – sauver mon couple. Je pensais parfois, que c'était impossible. L'espoir m'avait souvent abandonné. Heureusement, Désiré se réveillait enfin. Par mes propos, il avait compris ma détresse. Il y avait mis un terme. Il me fixait, sans parler. Il comprenait. Il voyait désormais que sa femme adorée, était devenue une pauvre demoiselle. Il était temps de me sauver. Était-il prêt à revenir ? Cela allait être difficile. Il allait souffrir, mais j'allais l'aider de mon mieux. Désiré avait besoin de mon amour, pour guérir. Je voulais que ce jour arrive vite. Mais, j'allais attendre patiemment. Durant tout ce temps, le réel Désiré s'était caché. Mon époux était devenu une personne aigrie et terrifiante – presque différente. Cela était terminé. Il se réveillait – le retour était agréable. Je lisais dans ses yeux, tout l'amour qu'il m'avait toujours porté. & c'était merveilleux. J'en avais presque, des frissons. Je vis Désiré, approcher son visage du mien. Je fermai les paupières, laissant quelques larmes couler. Un baiser passionné, comme je n'en avais eu depuis longtemps. J'esquissai un sourire, satisfaite. Puis, mon rythme cardiaque s'accéléra violemment. L'homme que j'aimais – venait de se lever. C'était rare ces temps-ci, puisque Désiré avait pratiquement abandonné tout espoir. J'écarquillai les yeux, incrédule. Le souffle coupé. C'était inimaginable. Je ne pouvais en croire mes yeux. Désiré m'entraîna à lui, d'un geste doux. Mon visage heurta son torse. Je me calai dans ses bras chauds et protecteurs. Mes yeux toujours ouverts, je sentis toute la peine accumulée – remonter. Nous étions au milieu du salon, debout et ensemble. Il m'embrassa à nouveau. Soudain, je me reculais. J'étais consciente que cela faisait partie de notre quotidien autrefois. Je posai mes mains sur ses hanches, les larmes roulants sur mes joues. Puis, j'explosai en sanglots. Comme une enfant. Mes pleurs se firent entendre – violents. J'avais mal partout. Incapable de prononcer un mot, je me serrai à nouveau contre Désiré. Ses bras formèrent un rempart autour de moi. J'étais protégée, intouchable. Comme avant.

_________________


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    give me truth.

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MessageSujet: Re: « I thought I was alone... » (Deez)   Jeu 7 Mai - 11:58

- Il faut que je te parle de quelque chose.

C'était il y a quelques mois. Elle avait sûrement dû paniquer, croire que quelqu’un venait de mourir. Nous étions assis à la table de la cuisine, je lui tenais les mains. Je voulais que nous ayons une discussion des plus importantes. Elle me regarda longuement, tentant probablement de jauger la lueur de mes yeux. J’étais quelqu’un de direct, de franc et honnête ; je savais ce qu’il fallait dire ou non. En l’occurrence, il s’agissait d’un secret que je ne pouvais garder pour moi. Je le savais depuis cinq jours. Je ne dormais plus depuis cinq jours. Elle l’avait probablement remarqué, ça aussi. Je n’étais pas si discret que ça, et avais besoin de m’agiter lorsque je ne trouvais pas le sommeil. Lorsque je la croyais endormie, je me levais du lit et m’installais à mon bureau pour écrire. Je n’étais pas un grand romancier, mais l’encre semblait couler tout naturellement sous mes doigts, comme si j’avais fait ça toute ma vie. Je voulais laisser une trace. Je ne souhaitais pas être inutile, et mon empreinte devait être légendaire. Alors, j’écrivais. Du charabia ; mais je faisais autre chose que dormir. Peut-être ne s’en était-elle pas rendu compte. J’essayais de faire bonne figure face aux enfants, face à elle, et elle n’avait pas pu deviner ce qui me tourmentait tant. En fait, je crois surtout qu’elle ne l’aurait pas deviné car tout cela relevait encore de la fiction pour moi-même. Ça ne pouvait pas être réel. Et pourtant, ça l’était. J’avais joint mes doigts aux siens en cet instant, pour lui annoncer ce qui avait tourmenté mes songes durant de si longs jours et nuits. Elle attendait. J’avais senti un frisson la parcourir quand j’avais dit « il faut que je te parle » ; c’était généralement la phrase que prononçait une personne du couple lorsqu’elle voulait mettre fin à leur histoire. Là, ce n’était pas le cas : si ça avait été seulement ça…

- Je suis malade.

J’avais longtemps hésité, mais les mots étaient finalement sortis. Au fond, j’avais peur ; je craignais d’assister à une scène digne d’un film, où le personnage bien portant quitte l’éclopé parce qu’il s’agit d’une charge en plus. December n’avait pas besoin de ça, elle n’avait pas besoin d’un mari à terre. Que pouvais-je y faire, pourtant ? J’avais été frappé de plein fouet, et j’étais presque à terre. Pour le moment, je devais subir, en attendant que ça aille mieux. Mais quand est-ce que ça irait mieux, au juste ? Je ne faisais qu’attendre ce moment, celui de la délivrance, sans le trouver. J’avais de plus en plus mal, ayant tardé à faire établir un diagnostic. Et puis, j’avais peur, ne connaissant pas exactement ce que j’avais. J’avais peur pour Noah, et Alienor. Et puis surtout, pour Deez. Alors que je réfléchissais à tout cela, elle avait plongé la tête dans ses mains, ne me regardait plus. Est-ce qu’elle pleurait ? Impossible de le savoir. Je passai doucement ma main le long de son bras, comme pour la rassurer.


Quelques mois plus tard, je ne penserais pas que notre vie en serait là. Notre couple avait été malmené, je m’en rendais à présent compte. Et ce n’était pas comme si je n’avais aucune raison de m’en faire : je me méfiais par-dessus tout des amis masculins de ma femme. Elle en avait de plus en plus, et je craignais qu’elle me quitte pour l’un de ces dandys. Je savais pourtant que nous étions prédestinés l’un à l’autre. Elle était la femme de ma vie, j’étais l’homme de la sienne ; en quelque sorte. Mais les « heureux pour toujours » n’arrivaient que dans les contes de fées. Je n’y croyais plus vraiment. Il faudrait un miracle pour que nous soyons ensemble toute notre vie. J’avais vraiment envie que ça soit vrai ; je considérais qu’aujourd’hui, à vingt-quatre ans, il fallait que nous fassions chacun des efforts pour que ça marche. December en avait fait beaucoup : beaucoup trop. C’était maintenant mon tour de lui montrer à quel point je tenais à elle. En l’embrassant, je sentis qu’elle souriait. Cela me donna encore plus de courage, malgré la douleur que je ressentais.
December et moi n’avions jamais eu une relation « vache ». Presque aucune dispute, jamais un mot plus haut que l’autre ; nous nous aimions bien trop pour ça. J’avais tendance à croire que le genre d’idylle « je te jette et je te reprends » ne pouvait pas marcher très longtemps. Je n’aimais pas faire du mal à ma femme, je n’aimais pas qu’elle soit triste. Certes, elle l’avait été ces derniers mois, mais j’étais dans un tunnel si sombre qu’il m’était impossible de m’en rendre compte. Il avait fallu qu’elle m’ouvre les yeux sur sa situation. Et pourtant, disais-je, nous n’avions jamais été partisans de l’amour vache. Il y avait eu des hauts et des bas dans notre relation, mais nous avions toujours fait face à deux, et dans une incroyable dignité. Je n’aurais jamais osé manquer de respect à ma femme. Elle n’aurait jamais osé dire que j’étais impotent, simplement parce que j’étais partiellement handicapé. Nous étions deux âmes pures. J’avais fait des bêtises, oui, mais quel adolescent ne s’était jamais trouvé dans ma situation ? L’époque du lycée était révolue ; plus de drogue, plus de filles, j’avais radicalement changé, grâce à December. Et désormais, elle pleurait dans mes bras. J’avais l’impression d’être ingrat. Elle m’avait tant donné, et qu’avais-je fait en retour pour elle ? Je l’avais privé de l’un de ses grands amours, je lui avais offert un appartement miteux… Je ne comprenais pas pourquoi elle restait avec moi. J’étais heureux, bien sûr, mais j’avais l’impression qu’elle aurait pu avoir tellement mieux. Elle aurait pu rester avec Owens et élever de charmants bambins beaux comme des astres jusqu’à la fin de ses jours. Elle aurait pu avoir un vrai homme qui savait ce qu’il voulait et ne baissait pas la tête devant l’obstacle. Finalement, j’admirais Matthew. Et aussi sordide que cela puisse paraître, j’aurais eu besoin de lui parler en ce moment. Simplement pour savoir il faisait pour être aussi fort. Je n’y parvenais pas, et pourtant, j’essayais. J’essayais de montrer force et courage devant ma douce femme, je tentais de ne pas lui faire regretter d’avoir fait ce choix. Finalement, étions-nous malheureux ? Nous menions une vie assez paisible, malgré quelques embûches. Et notre famille était la plus belle de tout New York. Elle ne devait pas pleurer. Nous ne devions plus nous lamenter, d’ailleurs ayant tout ce que les gens normaux pouvaient espérer avoir.
Je la serrais contre moi, la laissant exprimer sa peine. Ou peut-être son bonheur. J’avais un doute. Je réalisai donc qu’il serait peut-être le moment de lui dire ce que je pensais d’elle. Ne desserrant pas mon étreinte, mes bras la protégeant plus que jamais, je brisai le bruit de ses sanglots.

- Je ne pourrais jamais assez te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi. Tu m’as donné une famille, avec la plus belle des filles… Tu m’as aussi donné énormément d’amour. Et tu m’as transformé, tu as fait de moi quelqu’un de meilleur. Je n’aurais jamais évolué autant avec une autre fille… parce que tu es tellement pure que tu élèves les autres. Tu es la plus intelligente et la plus belle femme que je connaisse. Dans tes bons jours, tu es aussi très drôle. Et puis tu es bornée, mais c’est juste parce que tu veux que les gens donnent le meilleur d’eux. Je n’aurais jamais cru que tu t’intéresserais à moi, et nous voilà, au cœur même d’une famille. C’est grâce à toi que tout fonctionne. Je ne suis pas amoureux, et je ne serai jamais amoureux de Charmian, tout simplement parce que quoiqu'elle fasse ou dise, elle ne te ressemblera jamais.

Je me reculai un instant et la regardai. D’un geste, je séchai ses larmes.

- Je ne suis pas en train de te donner les raisons que j’ai de t’aimer. Je te dis simplement les raisons qui font que tu es exceptionnelle, pas seulement pour moi mais aussi pour les autres. Je peux continuer toute la nuit si tu veux.

À présent, un sourire était nettement perceptible sur mon visage. Je ne lui avais pas dit ce genre de choses depuis des mois, voire des années. Je n’étais pas quelqu’un de très démonstratif. Mais tout ce que je disais, je le pensais vraiment. Si j’étais resté avec Patience, je n’aurais jamais évolué comme avec Deez. Nous étions tellement conçus l’un pour l’autre que c’en était flagrant. Les choses étaient comme elles auraient toujours dû être : December et Désiré. Notre histoire semblait écrite, et j’étais sûr, au final, qu’elle durerait presque éternellement.
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MessageSujet: Re: « I thought I was alone... » (Deez)   Jeu 7 Mai - 14:20



« Il faut que je te parle de quelque chose »

Telles furent les paroles les plus insupportables de toute ma vie. Qu'allais-je entendre ? Je voyais bien que Désiré n'était pas réellement dans son était normal. Il y avait quelque chose d'étrange, dans sa voix. J'avais froncé les sourcils. Mes battements de coeur s'étaient accélérés. Nous étions tous les deux assis à la table de la cuisine. Désiré me tenait les mains, comme pour me rassurer. Allait-il me quitter ? Oh, j'étais idiote. Mais c'était habituellement les mots qui annonçaient une rupture. Toutefois, je savais que mon époux n'était pas comme cela. Il m'aimait – plus que tout. Il ne voulait pas me laisser pour une autre ; j'en étais persuadée. Que s'était-il passé ? Un décès, sans doute. C'était la meilleure explication. Je le regardai, droit dans les yeux. Il semblait véritablement contrarié. J'avais mal pour lui – je voulais comprendre ce qui allait se passer. Mais il était doué. Désiré n'en disait jamais trop ; impossible de deviner seule. J'avais remarquer sa manière d'agir, depuis quelques jours. Il n'était plus le même. Sans doute, avait-il vécu quelque chose. Un de ses élèves ? Je l'ignorais. J'étais prête à tout entendre – ou presque. J'étais loin de me douter de la vérité. Je ne savais pas que je risquais de perdre mon amoureux. Je soupirai, avant d'entendre la suite. Je m'attendais à tout, sauf à cela.

« Je suis malade »

Je fronçai à nouveau les sourcils. Qu'entendait-il par malade ? Je m'imaginais bien qu'il ne me parlait pas sur ce ton pour m'annoncer un simple rhume. Oh non, c'était pire que cela. Il pouvait peut être mourir. Je lâchais ses mains, plaquant les miennes sur ma bouches. C'était impensable. De quoi souffrait-il ? Était-ce si grave ? Pouvait-il s'en sortir ? Tant de questions. J'enfouis ma tête, entre mes mains. Les larmes me piquèrent au coin des yeux – violemment. Je pleurai silencieusement. La main de mon compagnon caressa avec douceur, mon bras. Il était tellement désolé. Tout notre monde s'effondrait. C'était inimaginable. Je ne pouvais y croire. J'avais mal à la tête, soudain envie de vomir. Je restai dans cette pièce – deux heures au moins. Tête baissée, incapable de dire un mot. Désiré était resté à mes côtés, sans broncher. C'était l'amour, à l'état pur. Nous nous aidions – pour le meilleur et pour le pire. Nous nous l'étions promis. Finalement, les enfants rentrèrent de l'école. Aujourd'hui, mon père était allé les chercher. Lorsqu'il vit mon air détruit, il demanda aux petits d'aller patienter dans les chambres. Il me prit dans ses bras, me demandant ce qui n'allait pas. Désiré et moi lui expliquâmes la situation. Il fallait également le dire aux enfants. J'étais allée les chercher, pour les emmener au salon. J'avais pris Noah sur un genou – Aliénor sur l'autre. Je m'étais adressée à eux, d'un air grave. J'utilisais le surnom de « papa », même devant Noah. Ce dernier savait ce qu'il en était. Il avait son propre père mais Désiré comptait énormément à ses yeux.

« Papa est très malade ; mes chéris. Il va falloir l'aider de notre mieux
- Il a une pnumonie – c'est ça ?
- Non, pas vraiment Aliénor. Si ce n'était que cela …
- Comment on va faire, alors ?
- Nous ne savons pas encore. Mais il faut que vous soyez forts, d'accord ? »

Aliénor s'était levée et dirigée vers son père. Elle l'avait pris dans ses bras, doucement. Désiré avait serré sa fille – versant même une larme. Celle-ci avait coulée le long de sa joue. Mon père avait saisi ma main, tandis que je caressai les cheveux de Noah. La vie allait changer. Radicalement.


Du moins, nous avions fait de notre mieux. C'était parfois difficile, c'est certain. Mais nous devions rester unis malgré tout. C'était ce que nous voulions tous les quatre. Pour les enfants, c'était juste quelque chose d'effrayant. Désiré avait un fauteuil roulant, ce qui prenait énormément de place. Nous avions également une dame, constamment à la maison. Celle-ci avait pour objectif - d'aider mon époux. Puis, tout n'avait pas réellement changé pour Aliénor et Noah. Ils n'avaient pas à supporter à longueur de temps, les humeurs de Désiré. Ce dernier essayait de rester doux avec les petits. C'était le minimum - il n'avait pas le droit de passer ses humeurs sur eux. Oh, et il n'osait pas non plus. Désiré avait beau souffrir, il restait un gentleman. Pas tous les jours, certes. & pas avec tout le monde. Je n'avais pas cette chance. Il n'étais pas violent et vulgaire, heureusement. Simplement désagréable. Il était fatigué et à bout de nerfs. Se rendait-il compte qu'il n'était pas le seul ? Je l'ignore. J'avais pris sur moi. Je redoutais mon arrivée à la maison. J'avais peur de découvrir un mari anéantit. J'étais bouleversée par ma nouvelle vie. Mais je ne disais rien. Je restais la même. Je ne voulais pas changer - de peur d'ouvrir les yeux. La vie n'était plus si belle. “ Ils vécurent heureux jusqu'à la fin de temps ” - pas réellement. Mon conte de fée n'était pas si rose. J'étais amoureuse mais très malheureuse.

Aujourd'hui, il était temps de changer. C'était tellement triste, de ne pouvoir évoluer. Avec les mois, j'avais vu ma meilleure amie connaître de nouveaux horizons. Elle était devenue quelqu'un de vraiment bien – encore mieux qu'avant. Elle avait commis des erreurs, mais je ne l'avais jamais jugé. Elle ne le souhaitait sans doute pas. Ce n'était pas mon rôle, après tout. Je voulais rester cette même jeune fille – celle que j'étais à l'époque du lycée. J'avais l'impression de stagner. C'était même dommage. Je ne profitais pas de la vie, préférant m'occuper d'un mari qui me parlait d'une autre. Mais cela n'était plus d'actualité. Désiré venait d'ouvrir les yeux. C'était tard – je devais quand même l'avouer. Mais mieux vaut tard que jamais. J'avais tout fait, tout donné. Désormais, Désiré estimait que c'était son tour. J'étais heureuse que les choses prennent enfin cette tournure. J'avais mérité cela. J'avais envie de profiter de mon époux – des mes enfants. Je ne regrettais rien, par contre. Même si j'avais été malheureuse quelques temps, j'avais tout connu. J'étais contente d'être en bons termes avec Matthew, de parler avec Tiffany – parfois Valéry – et d'être la meilleure amie de Patience. Finalement, la voix de Désiré couvrit mes sanglots. Douce, mais imposante. Forte et merveilleuse. Il redevenait l'homme que j'aimais. « Je ne pourrais jamais assez te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi. Tu m’as donné une famille, avec la plus belle des filles… Tu m’as aussi donné énormément d’amour. Et tu m’as transformé, tu as fait de moi quelqu’un de meilleur. Je n’aurais jamais évolué autant avec une autre fille… parce que tu es tellement pure que tu élèves les autres. Tu es la plus intelligente et la plus belle femme que je connaisse. Dans tes bons jours, tu es aussi très drôle. Et puis tu es bornée, mais c’est juste parce que tu veux que les gens donnent le meilleur d’eux. Je n’aurais jamais cru que tu t’intéresserais à moi, et nous voilà, au cœur même d’une famille. C’est grâce à toi que tout fonctionne. Je ne suis pas amoureux, et je ne serai jamais amoureux de Charmian, tout simplement parce que quoiqu'elle fasse ou dise, elle ne te ressemblera jamais ». Ses propos me firent arrêter de pleurer. J'étais tellement fière d'entendre de tels mots. Etait-ce réellement moi ? Ne vantait-il pas les mérites d'une autre ? Je ne méritais pas tout cela. J'avais accompli mon devoir - j'étais restée à ses côtés parce que je l'aimais. C'était aussi simple que cela. Il n'y avait pas d'autre explication. Je voulais Désiré pour moi seule. Je savais qu'il allait être difficile de certifier que nous allions rester ensemble pour toujours. Mais je voulais y croire. & j'y croyais dur comme fer. Désiré se recula, pour me regarder. D'un geste, il essuya mes larmes. J'esquissai un nouveau sourire - sincère. « Je ne suis pas en train de te donner les raisons que j’ai de t’aimer. Je te dis simplement les raisons qui font que tu es exceptionnelle, pas seulement pour moi mais aussi pour les autres. Je peux continuer toute la nuit si tu veux ». Je secouai la main. Il était inutile d'en rajouter. J'entendais exactement ce que j'avais rêver d'entendre des mois durant. J'étais comblée.

« Non, je ne veux pas. Tu sais, je me fiche bien de savoir ce que les autres pensent de moi. Ce qui est important, c'est d'entendre ces mots sortir de ta bouche. Je n'ai jamais été si touchée. Je … Je veux simplement rester à tes côtés pour toujours – Désiré. Tu es l'homme que j'aime. Je t'ai épousé et j'ai également mis au monde, ta fille. Tu comprends bien que valide ou non, tu reste le même pour moi. Je t'aimerais toujours »

Le sourire de Désiré, emplit mon coeur de joie. Je respirai le bonheur, désormais. J'étais heureuse. J'avais toujours su à quel point mon époux m'aimait. Mais c'était si bon, de l'entendre de sa bouche. Je n'en revenais pas. Nous étions faits l'un pour l'autre, je n'en doutais pas. Mais le voir debout – après tant de journées assis dans ce fauteuil – me faisait plaisir. Je pouvais enfin le serrer dans mes bras. J'étais moi-même, à cet instant. Plus besoin de me cacher – l'ancien Désiré était revenu. Pour le meilleur et pour le pire.

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Désiré Noah Walsh
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MessageSujet: Re: « I thought I was alone... » (Deez)   Dim 10 Mai - 12:21

Tout le monde nous regardait. J’essayais de garder mon calme. December et moi étions à l’autel, prêts à nous unir pour la vie. Le prêtre m’avait fait signe, afin que je présente mes vœux. Mes yeux ne voyaient que ma future femme ; il me fallut donc un instant pour rassembler mes esprits. Mais je finis par réussir à les prononcer, alors que je serrais ses mains dans les miennes.

« Je ne crois pas vraiment au mariage, ni à l’amour éternel.

J’entendis les gens autour de moi retenir leur souffle. J’étais persuadé que cette phrase provoquerait un tel effet, et cela m’amusait plus qu’autre chose. Enfin, ça m’aurait amusé si je n’avais pas été pétrifié.

« Je suis quelqu’un qui reste toujours dans le présent, qui a beaucoup de mal à se projeter dans l’avenir. Je n’ai pas foi en grand chose, c’est vrai, je ne me considère pas comme quelqu’un de pieux. Je ne croyais pas que je serais capable d’aimer véritablement et passionnément, avant de te rencontrer. J’ai foi désormais, car je sais que, quoi qu’il arrive, notre complicité et notre amour seront toujours présents. Jusqu’à aujourd’hui tu étais ma meilleure amie ; dans quelques instants, tu seras ma femme. J’aimerais te dire que nous serons toujours ensemble, mais je n’en sais rien, et je n’oserais pas te mentir. Alors la seule chose que je peux affirmer, c’est que j’essaierai d’être présent chaque seconde, de t’aimer comme tu mérites de l’être. J’essaierai de faire en sorte que rien ne brise notre couple. J’essaierai ; je crois que c’est le plus important. C’est en essayant de toutes nos forces, de toute notre âme, que nous parviendrons à vaincre les obstacles qui se dresseront devant nous. Et nous en ressortirons toujours plus fort, car notre amour sera toujours présent au plus profond de nos cœurs. Grâce à toi, j’ai enfin foi en une relation qui se voudrait éternelle ; une relation basée sur la complicité, et le partage. Sur l’amour et l’amitié. C’est ce que tu seras, je l’espère, jusqu’à la fin de mes jours : ma femme, et ma meilleure amie. Je t’aime. »

Je la voyais retenir ses larmes, souriante ; je la faisais toujours pleurer… Devais-je en être fier ? Cette fois, du moins. J’avais entendu des gens soupirer de bonheur, dans l’assistance ; il fallait bien croire que mon discours était à la hauteur de mes espérances. Avant tout, je voulais qu’elle l’aime. Peu importe ce qu’en pensaient les autres…



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